Le Compte Personnel de Formation au cœur des politiques de formation et de développement des compétences.

Par Eric Raimondeau – Consultant – Formateur en urbanisme
Pensé pour accompagner les parcours professionnels, le Compte Personnel de Formation offre aux agents publics une véritable autonomie dans leur accès à la formation. Développement des compétences, mobilité, reconversion : le CPF constitue aujourd’hui un outil incontournable pour anticiper les évolutions de carrière dans la fonction publique territoriale.
Le Compte Personnel de Formation (CPF) constitue l’un des piliers du Compte Personnel d’Activité (CPA), aux côtés notamment du Compte d’Engagement Citoyen (CEC). Ce dispositif vise à accompagner les agents publics tout au long de leur parcours professionnel en leur offrant un droit individuel à la formation.
Un dispositif ouvert à la majorité des agents publics
Le CPF bénéficie à l’ensemble des agents publics civils, qu’ils soient titulaires ou contractuels, dès lors qu’ils relèvent des dispositions de la loi n°83-634 du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires. Les fonctionnaires stagiaires acquièrent ainsi des droits à la formation dès leur nomination.
En revanche, certains personnels ne sont pas concernés par le dispositif, notamment les militaires, les magistrats ou encore les personnels des assemblées parlementaires, qui relèvent de statuts spécifiques.
Un droit individuel à la formation tout au long de la vie professionnelle
Le CPF permet à chaque agent de la fonction publique de cumuler, mois après mois, des heures de formation qu’il peut mobiliser à son initiative. L’objectif est clair : favoriser la formation tout au long de la vie professionnelle et renforcer l’autonomie des agents dans la construction de leur parcours, dans le respect des nécessités de service.
À travers le CPF, l’agent définit son propre projet professionnel. Celui-ci peut viser le développement ou le renforcement de compétences, l’adaptation à de nouvelles missions, une évolution de carrière ou encore une reconversion professionnelle. La formation devient ainsi un outil stratégique d’accompagnement des parcours individuels.
A lire pour en savoir plus : Le guide du CPF – Ministère de la transformation et de la fonction publiques
Formation, évolution de carrière et mobilité
Les actions de formation suivies dans le cadre du CPF peuvent permettre à l’agent d’accéder à de nouvelles responsabilités. Il peut s’agir de formations de perfectionnement pour approfondir ses connaissances et devenir expert dans son domaine, ou encore de formations préparant aux concours et examens professionnels, notamment celles proposées par le Centre National de la Fonction Publique Territoriale (CNFPT).
Le CPF accompagne également les projets de mobilité, qu’ils soient internes à une collectivité, vers une autre collectivité ou dans le cadre d’une reconversion professionnelle. Anticiper ces évolutions suppose souvent de se former afin de mieux sécuriser son parcours.
L’agent peut ainsi mobiliser son CPF pour obtenir un diplôme par la voie académique classique, par une démarche de validation des acquis de l’expérience (VAE), ou encore pour préparer un titre professionnel ou un certificat de qualification professionnelle.
À noter toutefois que certaines formations ne sont pas éligibles au CPF, notamment les formations obligatoires d’intégration, de professionnalisation ou celles liées à l’adaptation immédiate au poste de travail.
A lire aussi du même auteur : Les formations statutaires obligatoires
L’acquisition des droits au titre du CPF
Le CPF est alimenté à hauteur de 25 heures par an pour un agent à temps complet, dans la limite d’un plafond fixé à 105 heures. Il faut ainsi six années pour atteindre le plafond maximal, sans qu’il soit nécessaire d’attendre celui-ci pour commencer à utiliser les droits acquis.
La durée légale du travail dans la fonction publique est prise en compte pour l’alimentation du CPF. Ainsi, le temps partiel est assimilé à un temps complet. En revanche, les agents occupant un emploi à temps incomplet bénéficient d’une alimentation au prorata du temps de travail effectué.
L’alimentation du CPF cesse lorsque le plafond est atteint ou au moment du départ à la retraite.
Des abondements spécifiques sont toutefois prévus. Un crédit supplémentaire pouvant aller jusqu’à 150 heures, voire porter le plafond à 400 heures, peut être accordé lorsque l’agent doit se former afin de prévenir une situation d’inaptitude professionnelle.
Par ailleurs, les agents de catégorie C ne disposant pas d’un diplôme de niveau 3 (CAP ou BEP) bénéficient d’un régime majoré : leur compte est alimenté à hauteur de 50 heures par an, avec un plafond porté à 400 heures.
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Le Compte d’Engagement Citoyen : valoriser l’engagement bénévole
Le Compte d’Engagement Citoyen (CEC) vient compléter le CPF en attribuant des heures supplémentaires aux agents investis dans des activités citoyennes ou bénévoles reconnues.
Dans ce cadre, le CPF est abondé de 20 heures par an, dans la limite d’un plafond de 60 heures. Ces droits visent à permettre l’acquisition de compétences utiles à l’exercice d’activités de bénévolat ou de volontariat, notamment dans les domaines suivants :
- Le service civique ;
- La réserve militaire opérationnelle ;
- La réserve sanitaire ;
- L’activité de maître d’apprentissage ;
- Le bénévolat associatif ;
- Le volontariat chez les sapeurs-pompiers.
Pour en savoir plus : CDG79 – Note d’information sur le Compte Personnel d’Activité
La portabilité des droits entre secteurs public et privé
Dans un contexte de parcours professionnels de plus en plus diversifiés, le CPF repose sur un principe fondamental : les droits sont attachés à la personne, et non à son statut ou à son employeur.
Ainsi, un mécanisme de portabilité garantit la conservation des droits acquis lors des mobilités entre le secteur public et le secteur privé.
Lorsqu’un salarié du secteur privé devient agent public, les droits acquis sont conservés. Pour les mobiliser dans la fonction publique, les montants acquis en euros doivent être convertis en heures.
Inversement, lorsqu’un agent public devient salarié du secteur privé, à titre provisoire ou définitif, il conserve également ses droits. Ceux-ci devront alors être convertis en euros pour être utilisés dans le cadre du régime applicable aux salariés.
Pour ces conversions, une équivalence forfaitaire est appliquée : une heure de CPF correspond à 15 euros. Cette valeur sert uniquement à la conversion des droits et ne détermine en aucun cas le coût réel d’une formation.
Un outil central de la formation professionnelle
Grâce à des droits universels et portables, le CPF s’impose comme un outil majeur de la formation professionnelle des agents publics. Il leur permet de sécuriser leurs parcours, de soutenir leurs projets de mobilité, de diversifier leurs expériences et de renforcer leurs compétences.
Utilisé de manière proactive, le CPF constitue un véritable levier d’évolution professionnelle, au service de la réussite individuelle des agents et de la performance des services publics.
Image d’illustration générée par l’intelligence artificielle.
10/10/2025





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