Il ne fait pas bon marcher à Marseille ou Aubervilliers

Il ne fait pas bon marcher à Marseille ou à Aubervilliers

Le premier baromètre des villes marchables en France a permis de dégager des priorités nationales pour améliorer le quotidien des marcheurs.

Dix mille pas et plus. Une mention d’excellence pour des communes comme Acigné et Cesson-Sévigné (Ille-et-Vilaine) ou Gradignan (Gironde), au top de celles où il fait bon marcher en termes de sécurité, de confort, d’aménagements… ; une « très défavorable » pour d’autres, comme Marseille ou Aubervilliers (Seine-Saint-Denis).

Pour la première fois, un baromètre national des villes marchables est rendu public, ce mardi 7 septembre, avec des critiques concrètes et des propositions pour améliorer le quotidien des piétons.

Bien-être physique et mental, baisse des facteurs de risque cardio-vasculaire, prévention de l’ostéoporose, etc., avec in fine une réduction de la mortalité : les bénéfices santé de la marche sont amplement démontrés, y compris à faible allure et dès de modestes doses. L’enjeu est désormais de favoriser les pratiques urbaines (notamment en tant que mobilité active), en aménageant l’environnement. Les politiques piétonnes s’appuient sur des études sur la marchabilité, c’est-à-dire sur les conditions de marche dans une zone donnée.

Au-delà de l’agrément pour les usagers, il pourrait y avoir un réel impact sur la santé publique, selon les rares travaux disponibles. « Des Canadiens ont montré, sur une période de dix ans, que la prévalence de l’obésité reste stable et que l’incidence du diabète diminue dans des quartiers avec une marchabilité élevée, par comparaison à des quartiers de marchabilité moindre », soulignait ainsi le nutritionniste Jean-Michel Oppert en décembre 2019 dans Le Monde.Article réservé à nos abonnés Lire aussi  Bouger, même peu, est un réflexe essentiel de survie

L’état des lieux des villes marchables a été réalisé par la Fédération française de randonnée pédestre (FFRP) avec deux associations, 60 millions de piétons, et Rue de l’avenir, en partenariat avec l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe). La consultation publique, sur le même modèle que celles réalisées en 2017 et 2019 pour les villes cyclables, s’est déroulée pendant l’hiver 2020-2021 (en pleine vague de Covid-19), et a recueilli 43 267 réponses exploitables.

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Le questionnaire comportait une quarantaine de questions avec un système de notation portant sur cinq thématiques : ressenti sur le quotidien de piéton, sentiment de sécurité, confort de marche, avis sur l’importance donnée aux déplacements à pied par la commune, ainsi que sur les aménagements et équipements.

Défense des piétons

Ce n’est pas un sondage représentatif : les répondants étaient pour la plupart des pratiquants réguliers de la marche, la moitié d’entre eux avaient 55 ans et plus, et un quart étaient engagés dans une association de marche ou de défense des piétons. Mais cette enquête est intéressante par son caractère inédit et son grand nombre de participants.

Elle a permis de classer en sept catégories (de A à G, excellent à très défavorable) 200 communes de taille très variable. Paris, Marseille et Toulouse, villes qui ont enregistré le plus de réponses, sont respectivement cotées D, G et E.

Au-delà de la catégorisation, le baromètre a fait émerger des propositions prioritaires toutes communes confondues. En tête de liste : disposer de trottoirs « plus larges, bien entretenus, sécurisés et désencombrés » (41 %), « réserver l’usage des trottoirs aux déplacements à pied » (30 %) et « verbaliser davantage le stationnement sur les passages piétons et trottoirs » (28 %).

Alors que la pandémie a donné un coup d’accélérateur au développement du vélo en milieu urbain, les représentants des marcheurs aimeraient bien faire entendre leur voix, et mieux partager la chaussée dans les centres-villes. « On espère qu’avec ce baromètre les piétons iront sensibiliser leurs élus, et que cela aidera ces derniers à prendre conscience qu’il est souhaitable que tout le monde marche », souligne Anne Faure, présidente de Rue de l’avenir, association qui œuvre pour la qualité de vie en ville. La marche en milieu urbain et le volet sport-santé sont aussi devenus………pour en savoir plus : Marcher à Marseille ou Aubervilliers

Eric RAIMONDEAU

Eric RAIMONDEAU

Gérant de l'agence UTOPIES URBAINES

En qualité de micro entrepreneur, j’ai créé l’agence Utopies Urbaines. En effet J’aime à partager mon expertise et la transmettre au travers des expériences que j’ai pu acquérir en direction des élus locaux mais aussi  des fonctionnaires des communes ou intercommunalités lors de sessions de la formation continue ou initiale. Ce site veut aussi être un relais pour des offres d’emploi proposées par les collectivités territoriales.

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